Trois des quatre interactions fondamentales de la nature (interaction forte, électromagnétique, gravitationnelle) sont symétriques par l’opération de parité qui transforme (x,y,z) en (-x,-y,-z). L’interaction faible en revanche brise cette symétrie. La non-conservation de la parité par l’interaction faible est un ingrédient essentiel du modèle standard de la physique des particules, et son étude théorique et expérimentale a, jusqu’à présent, essentiellement été limitée à la physique des hautes énergies et à l’étude de quelques atomes lourds. Cet effet n’a jusqu’à ce jour pas été observé dans des molécules. Toutefois, selon une proposition théorique datant de 1974 la non-conservation de la parité par l’interaction faible devrait se traduire par des différences dans les spectres d’énergie de deux énantiomères d’une molécule chirale (images l’un de l’autre par réflexion dans un miroir). Cet effet est cependant très fin et sa mesure, un réel défi expérimental, n’a jamais été réalisée.

-Les enjeux d’une telle observation sont la confrontation des mesures avec la théorie électro-faible et le modèle standard ainsi que la réflexion sur l’origine de l’homochiralité biologique (fort déséquilibre en quantité observé entre énantiomère droit et gauche pour les molécules biologiques).

-L’étudiant prendra part au travail expérimental en cours sur ce sujet au Laboratoire de Physique des Lasers. Il s’agit d’une expérience de spectroscopie laser à ultra haute résolution d’un jet moléculaire supersonique. L’étudiant sera probablement amené à prendre part à la caractérisation thermodynamique ou spectroscopique d’un jet supersonique obtenu à partir de molécules en phase solide à pression et température ambiantes. Il sera encadré par un chercheur et sera accompagné dans son travail par une doctorante travaillant actuellement sur cette expérience.